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Suppression du ministère de la Communication : Etonnement et interrogations

Jeudi 10 Octobre 2019 Par Laquotidienne

 

La Communication a disparu de l’architecture de la nouvelle équipe gouvernementale.

De ce ministère, qui regroupait la Culture et la Communication, anciennement dirigé par Mohamed Laaraj, il ne reste plus que la Culture.

Cette dernière est désormais rattachée au ministère de la Jeunesse et des Sports, affecté à El Hassan Abyaba, également porte-parole du gouvernement.

L’étonnement passé, la suppression de la Communication suscite en ce moment beaucoup d’interrogations et, surtout, laisse très sceptique.

A l’heure où le secteur de la presse en particulier est en pleine restructuration, la sagesse n’aurait-elle pas voulu que la tutelle reste en place pour accompagner cette phase de modernisation et de développement ?

D’aucuns avanceront certainement l’existence du Conseil national de la presse (CNP) comme argument pouvant justifier une telle décision.

Mais si le CNP reste un pilier essentiel pour l’organisation de la profession, avec les pleins pouvoirs pour délivrer la carte de presse, garantir le respect de la déontologie, assurer l’arbitrage ou la médiation en cas de contentieux et développer la liberté de la presse et de l’édition, il n’en demeure pas moins vrai qu’il ne dispose pas de toutes les prérogatives dont pouvait se prévaloir le ministère de la Communication.

D’abord, aujourd’hui, plusieurs institutions se retrouvent orphelines.

De quel ministère ou autorité dépendent désormais l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP), la Société nationale de radiodiffusion et de Télévision (SNRT), ou encore la chaine 2M, pour ne citer qu’elles ?

Qui va désormais délivrer les accréditations pour les journalistes étrangers, auparavant sous la responsabilité du ministère de la Communication ?

Quelle autorité va désormais avaliser la «Moulaama», laquelle atteste que les journaux électroniques ont le statut légal conforme aux dispositions de la loi relative à la presse et à l’édition ?

Quelles personnes représenteront désormais le défunt ministère de la Communication à la commission paritaire chargée de statuer sur les subventions accordées aux médias ?

Que deviendra ce beau siège du ministère à Madinat Al Irfane (Hay Ryad) ?

Par ailleurs, se posent d’autres problématiques de taille, d’autant que plusieurs projets de loi sont dans le circuit législatif, dont notamment ceux relatifs à la communication audiovisuelle, à la réorganisation du Centre cinématographique marocain (CCM), aux droits d’auteur et droits voisins et, surtout, le projet de loi modifiant et complétant le code de la presse et de l’édition.

Des chantiers qui se retrouveront au point mort en l’absence d’interlocuteur ? Qui en héritera ?

Les interrogations sont nombreuses. Sans réponse officielle pour l’instant.

Mais, selon les bruits de couloir, les anciennes attributions du ministère seront dispatchées entre la Primature, le ministère de la Culture, voire à une délégation qui sera créée et à laquelle seront confiées des missions spéciales et spécifiques.

Mais tout cela pousse à affirmer que la suppression du ministère de la Communication semble être une décision incongrue.

D. W.

Laaraj
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